Historique
Là où Van Gogh est devenu peintre : un tournant artistique au cœur du Borinage
Un lieu incontournable pour les amateurs d’art et tous les curieux désireux de découvrir le parcours de l’illustre peintre !
La maison cuesmoise où Van Gogh vécut de juin à octobre 1880 faillit disparaître par vétusté. Laissée à l’abandon durant près d’un siècle, elle fut sauvée de son état de ruines par un groupe de bénévoles dans les années 1970 puis acquise par la Ville de Mons en 1976, déterminée à sauver ce lieu de mémoire.
Arrivé dans le Borinage en décembre 1878, Vincent van Gogh a derrière lui un parcours professionnel peu brillant lorsqu'il rejoint cette région houillère belge en tant que « aspirant » prédicateur laïque. Dès le mois de février 1879, il est nommé évangéliste à Wasmes pour une durée déterminée de 6 mois. Il se livre tout entier à sa charge d'évangéliste, multipliant les visites, sacrifiant peu à peu son confort personnel et tout son temps aux mineurs et à leurs familles. Malheureusement le Comité flamand des Evangélistes le juge inapte à l’exercice de cette fonction et ne reconduit pas sa nomination.
Désappointé, Van Gogh déménage à Cuesmes en août 1879. Il travaille bénévolement auprès du pasteur Edouard Francq dans l’actuelle Maison Van Gogh alors affectée en temple protestant. Le moral de Van Gogh est au plus bas. Ses relations avec sa famille se détériorent, il se néglige et sombre dans la dépression. S’ensuit une année d’introspection, de doutes, de remise en question, de pérégrinations (notamment un voyage à Courrières), le conduisant progressivement sur la voie de l’art. Van Gogh dessine en effet pour son propre plaisir comme il l’écrit à son frère Theo : « […] dans cette forte misère j’ai senti mon énergie revenir et je me suis dit, Quoi qu’il en soit j’en remonterai encore, je reprendrai mon crayon que j’ai là laissé dans mon grand découragement & je me remettrai au dessin et dès lors à ce qui me semble tout a changé pour moi & maintenant je suis en route & et mon crayon est devenu quelque peu docile & parait le devenir davantage de jour en jour.»
En juin 1880, Van Gogh revient dans le Borinage et loue une chambre chez le contremaitre des mines Charles Decrucq, locataire d'une annexe, aujourd'hui disparue, attenante à l'actuelle Maison Van Gogh de Cuesmes. C’est en ces murs et encouragé par son frère Theo, qu’il fait le choix d’embrasser une carrière artistique. Seulement, Van Gogh a tout à apprendre. Déterminé, il se fait procurer des ouvrages enseignant les bases du dessin ainsi que des gravures d’artistes qu’il admire, s’adonnant plusieurs heures par jour à l’exercice de la copie. Mais très vite, Van Gogh se sent à l’étroit et éprouve le besoin « […] d’avoir sous les yeux de bonnes choses et aussi de voir travailler les artistes. » En octobre, il quitte le Borinage (avec la ferme intention d’y revenir) pour Bruxelles.
Le Borinage n’a pas seulement vu naitre l’artiste Van Gogh, mais c’est là aussi qu’il a élaboré sa pensée artistique. Il y développe une série de thèmes auxquels il restera fidèle tout au long de sa carrière. Dans ses oeuvres plus tardives, on perçoit encore l’écho des motifs que lui inspire la région: la vie quotidienne des ouvriers, des paysans et des tisserands, leurs modestes habitations, leurs conditions de travail mais aussi les copies qu’il réalise au début de sa carrière et qu’il reprendra plus tard.
La Maison Van Gogh à Cuesmes : naissance d’une vocation artistique
Les Bêcheurs
L’œuvre Les Bêcheurs fut réalisée par Vincent van Gogh à Bruxelles, en écho à son séjour dans le Borinage, de décembre 1878 à octobre 1880.
Vincent van Gogh aurait copié douze fois l’œuvre Les Bêcheurs. Seules trois études sont actuellement identifiées dont deux sont conservées aux Pays-Bas (l’une au Kröller Müller Museum, l’autre dans une collection particulière) et l’une à Mons.
Les Bêcheurs est non seulement le plus ancien dessin de Van Gogh conservé en Belgique mais montre aussi l’attachement de l’artiste au Borinage. Il est également révélateur de ses débuts artistiques sachant que ce dernier a détruit en grande partie de ses oeuvres de jeunesse.
L’oeuvre Les Bêcheurs est aujourd’hui conservée dans un très bel écrin qu’est l’Artothèque, espace de réserves mutualisées des collections montoises.