Projet architectural
Mons Memorial Museum, un site architectural entre passé et présent
Découvrez l’architecture du Mons Memorial Museum, installé dans l’ancienne Machine à Eau, les détails de ce bâtiment hors normes et ses extensions contemporaines qui traduisent à la fois sa vocation muséale et mémorielle.
Un site emblématique réhabilité pour accueillir le musée
Le choix de la Machine à Eau comme écrin
L'espace muséal occupe le site de la Machine à Eau. Ce remarquable édifice bénéficie d’une place importante dans l’histoire civile, architecturale et urbanistique de la Ville de Mons. Restauré au début des années 1990, le bâtiment classé est préservé et magnifié au sein d’un complexe architectural ambitieux. Deux extensions contemporaines complètent de part et d’autre le bâtiment historique, l’englobant dans un ensemble porteur du sens de sa nouvelle destination.
Une architecture pensée comme une charnière symbolique
Les architectes Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit ainsi que leur équipe ont souhaité répondre à deux composantes urbaines importantes. La première se fonde sur les observations de l’évolution de la Ville de Mons qui connait un tournant important dans son développement. Au XIXe siècle, les remparts de la ville sont démolis au profit de l’installation de bâtiments civils (gare, hôpital, prison, écoles, Machine à Eau,…). Le bâtiment historique représente un témoignage d’une révolution des comportements d’une société en mouvement. Il s’avère que c’est cette période qui fait charnière entre les deux grandes thématiques du Mons Memorial Museum. Une époque de défense et d’intériorisation passant à une époque d’ouverture et de progrès qui sera plus que jamais propice aux agressions. Cette notion de charnière a convaincu les architectes de l’importance d’utiliser le bâtiment historique comme articulation du projet. Le MMM devient à la fois le point de convergence, d’accueil et de départ des visites. Il est le pôle de rencontres au sein d’un complexe de plus de 3000 m².
Réintégrer la Machine à Eau dans son tissu urbain
La deuxième composante urbaine prise en compte est la désintégration de l’environnement immédiat du bâtiment, composé d’une somme d’espaces indéfinis déstabilisant lourdement le positionnement de la Machine à Eau dans le tissu urbain. La position des architectes tient à résoudre cette décomposition en rétablissant un front contigu sur l’angle du boulevard Dolez. Les gabarits des nouvelles installations s’inscrivent dans la continuité typologique laissant aux bâtiments anciens leur identité propre. L’expression des extensions développe deux éléments essentiels. Le premier est la valorisation de l’aspect ouvert et lumineux du corps du bâtiment existant. Un important porte-à-faux élève une partie du bâtiment, celui-ci symbolise l’effort et le difficile équilibre de la paix. L’opacité ou, en tout cas, les ouvertures choisies des annexes est déterminant pour contraster avec les spécificités de la Machine à Eau et valoriser le caractère introspectif des œuvres présentées dans le parcours muséal.
Une architecture au service du récit muséal
L’architecture répond au scénario voulu par l’équipe scientifique et muséographique. Le propos muséal suit la chronologie de l’histoire singulière de Mons liée à sa coexistence civile et militaire. La lumière naturelle de la Machine à Eau sert d’articulation aux périodes de liberté. Le parcours, où cette lumière est dosée, colorée, s’inscrit en pente douce pour faire arpenter de manière sensorielle les visiteurs aux travers des périodes de conflit.
Les matières qui composent le Mons Memorial Museum trouvent leur sens sur place. Ces matières seront la lumière (très appuyée dans la Machine à Eau et, par contre, dirigée sur les œuvres dans le parcours), la mémoire (valorisation du bâtiment classé) et l’Histoire.
Trois matériaux, trois symboles forts
Les trois matériaux principaux du bâtiment historique se retrouveront dans les nouvelles ailes et à l’intérieur du bâtiment:
- L’acier : les métaux sont des matériaux importants en temps de guerre mais sont aussi le symbole de la prospérité des périodes de mutation. L’utilisation de ceux-ci dans la muséographie rappellera également les meneaux des grandes verrières du bâtiment principal ;
- La brique : les extensions voulues monolithiques seront réalisées en brique ; nous sommes sur la trace des remparts qui introduira ce lien ;
- Le verre : présent sur les larges façades en vitrage à meneaux de fer, le verre sera utilisé pour créer les brèches et les quelques regards dans les ailes latérales. Ces ouvertures lumineuses, placées en des points stratégiques du parcours, tourneront les regards du visiteur vers des points ciblés de l’extérieur.
Équipe de conception
- Architecte – auteur de projet : Atelier d’architecture Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit
- Études stabilité : Bureau d’étude Greisch
- Études techniques spéciales : Bureau d’étude Pierre Berger
- Muséographe : Winston Spriet et Martial Prévert
- Conception multimédia : Christian Barani
- Conseillers historiques : Emmanuel Debruyne et José Gotovitch