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Les découvertes archéologiques

Historique

Bien que les milliers de morceaux de silex laissés au sol par les mineurs néolithiques aient toujours intrigué la population de la région et les collectionneurs au XIXe siècle, il faudra attendre 1842 pour que le journal régional, Le Modérateur, mentionne la découverte de galeries souterraines par des ouvriers (exploitation du silex pour les faïenceries à cette époque) au lieu-dit Camp-à-Cayaux. Différentes hypothèses sont alors émises, les galeries sont considérées (par manque de connaissances et d’informations) comme des “grottes à fossiles”.

En 1851, Albert Toilliez (1816-1865), ingénieur montois, émet l'hypothèse que les silex à Spiennes sont des restes d’ateliers de fabrication de haches, probablement de la fin
de la Préhistoire.

En 1867, le creusement de la ligne de chemin de fer entre Mons et Chimay, sur une longueur de 220 mètres à travers le plateau de Petit-Spiennes, permet de mettre au jour des centaines d’artefacts et des restes de faunes disparues tels que mammouths et rhinocéros laineux. Cette coupe met également à nu différentes couches géologiques anciennes qui seront étudiées par Auguste Houzeau de Lehaie (1832-1922) et deux ingénieurs-géologues, Alphonse Briart (1825-1896) et François Léopold Cornet (1834-1887). Vingt-cinq “cheminées” sont également découvertes ainsi que des ossements d’animaux, céramiques, pierres polies, ébauches…

Différents scientifiques européens s’intéressent alors aux recherches menées. Spiennes devient dès lors un site de référence au niveau européen et des échanges scientifiques se mettent en place, comme en attestent les nombreuses correspondances et envois de morceaux ou d’outils en silex aux quatre coins de l’Europe.

Alfred de Loë (1858-1947) mène, entre 1912 et 1914, d’ambitieuses fouilles archéologiques pour le Musée du Cinquantenaire (Bruxelles) : deux puits profonds et les galeries liées livreront plus de 1500 outils dont certains sont encore visibles aujourd’hui aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Belgique. Ces découvertes exceptionnelles, dont les structures sont creusées si profondément, ont marqué l’imaginaire collectif et soulignent le caractère exceptionnel de ce site.

Les fouilles

Des archéologues effectuent des fouilles sur le site depuis près de 20 ans. Ces recherches permettent d’approfondir des thèmes propres aux sites miniers et de développer d’autres sujets plus inattendus. À Spiennes, les fouilles archéologiques sont menées par l’AWaP, l’Agence Wallonne du Patrimoine, en collaboration avec la SRPH, la Société de Recherche préhistorique en Hainaut. À Petit-Spiennes, à quelques pas du SILEX’S, un puits d’extraction de plus de 10 mètres de profondeur est actuellement en cours de fouilles. Il a livré notamment des ossements humains appartenant à deux individus adultes. L’examen attentif de la stratigraphie du comblement apporte de nouvelles données sur les méthodes d’exploitation élaborées par les mineurs néolithiques. La fouille de puits d’extraction du silex a aussi permis de recouper, à plusieurs mètres de profondeur, la nappe alluviale de Mesvin, pour laquelle un âge de 280 000 à 350 000 ans est proposé. Celle-ci a révélé de très nombreux outils lithiques ainsi que des restes fauniques du Paléolithique.