Corps de plâtre et objets de chair
Dès 1933, Magritte expose des objets au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, avant même que ne s’ouvre la première exposition où le groupe de Paris met l’objet surréaliste à l’honneur. Alors que c’est la première fois que le peintre montre au public des tableaux majeurs, comme La Trahison des images, c’est à ses objets que Nougé consacre sa préface. Pourtant, les objets de Magritte sont restés peu connus et peu étudiés. Les premiers d’entre eux sont des moulages en plâtre : des masques mortuaires (Napoléon, Pascal) ou des reproductions de la Vénus de Milo, que Magritte recouvre de peinture. Lorsqu’on s’intéresse à cette thématique, on remarque que le moulage en plâtre est très présent dans la production surréaliste et « post-surréaliste » en Belgique. L’utilisation qui en est faite diffère fortement de ce qui se passe à Paris ou en Angleterre.
Il en va de même pour la figure du mannequin, devenue un des emblèmes du surréalisme à Paris : en Belgique, la simplicité prédomine.