La force de l'objet quotidien
Les groupes surréalistes de Bruxelles et de Paris partagent une ambition : changer la vie (selon les mots d’Arthur Rimbaud) et transformer le monde (selon les mots de Karl Marx). À partir du début des années 1930, l’objet surréaliste apparaît comme le moyen idéal pour y parvenir. Il possède un double atout : contrairement à une peinture ou un poème, il est tridimensionnel, sa présence contribue donc directement à modifier la réalité. Et pourtant, même exposé, il ne peut être confondu avec une œuvre d’art ; il manifeste donc cette distance que les surréalistes veulent maintenir avec l’institution artistique.
Toutefois, la différence entre les deux groupes est particulièrement sensible dans le domaine de l’objet : Nougé privilégie les objets quotidiens alors qu’André Breton, chef de file du surréalisme à Paris, préfère les objets étranges, inexplicables, trouvés au marché aux puces ou dans des instituts scientifiques.