Conclusion
Lieux communs
Les années 1960 ont soufflé un vent nouveau, un vent de changement. Mai 68 marque son époque : parmi les artistes, certains, comme Broodthaers, prennent part à l’enthousiasme collectif. Un slogan de Louis Scutenaire, « Vous dormez pour un patron », est placardé sur les murs de Paris. La ville futuriste rêvée par certains, la vie de liberté rêvée par d’autres, ont depuis tourné court. La liberté surréaliste semble loin et les utopies remisées au placard. La ville oscille entre ennui et prison.
Pourtant, il suffit toujours d’un tout petit changement pour créer un objet bouleversant – il suffit de transformer un barreau en lime pour que l’évasion soit possible. En guise de conclusion, une petite œuvre de Jane Graverol qui appartenait à Magritte, La Prise de la Bastille, côtoie un tract du « dernier groupe surréaliste » mené par Tom Gutt, renvoyant à un célèbre prisonnier : Votez Sade. Ils nous rappellent qu’hier comme aujourd’hui, une révolution poétique est toujours à inventer.