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Quand le surréalisme déteint

Le monde est désormais rempli d’œuvres qui sont des objets – ou vice-versa. Mariën et Dotremont expriment sans retenue leur dégoût vis-à-vis du Pop Art, associé au capitalisme. L’ex-surréaliste Pol Bury prend les choses avec humour, feignant de confondre des magasins d’électroménager ou des boutiques de vêtements avec des expositions artistiques.

Un phénomène plus profond marque également cette période. Bien qu’on accuse le surréalisme d’être démodé, il est loin d’avoir disparu. Les techniques utilisées par les surréalistes, comme le collage ou le photogramme, se propagent. Surtout, le surréalisme imprègne le regard porté par les artistes sur l’objet quotidien. La méthode prônée par Nougé, consistant à modifier un paramètre de l’objet pour lui donner un effet maximal, se répand en dehors du mouvement. Le surréalisme a-t-il gagné, puisqu’il a modifié notre regard, ou a-t-il perdu sa radicalité, sa capacité à faire bouger les lignes ?