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Avec les grands conflits sociaux des années 1960-1980

Après 1960, l’histoire sociale est scandée par de grandes évolutions dont les artistes ont été les témoins et parfois les acteurs. La colonie accède à l’indépendance au moment où l’Etat belge adopte le programme d’austérité drastique de la Loi unique, qui suscite la Grève générale de l’hiver 1960-1961. La jeunesse s’impose par ses révoltes contre le carcan moral. Les États-Unis, longtemps incontestés grâce à leur rôle dans la libération et la reconstruction de l’Europe, provoquent l’indignation pour leur politique impérialiste au Vietnam et le racisme qui y perdure. Les grands équilibres de la guerre froide sont mis en question. Le siècle s’achève avec la chute du Mur de Berlin en novembre 1989.

Lorsque les artistes n’interviennent pas directement dans l’espace public, comme en 1968, ils cherchent aussi des images ou des figures dotées d’une forte résonance symbolique. Les hommages de Mandelbaum à Bob Claessens ou à Julien Lahaut vont dans ce sens. Le Geronimo de Paul Van Thienen, conçu au départ pour faire pendant à un … Saint-Jérôme, fait écho à l’installation de Camiel Van Breedam. À la fois manifeste écologiste et hommage aux victimes, l’oeuvre rappelle que le dernier grand massacre collectif d’Amérindiens eut lieu le 29 décembre 1890 dans le village de Wounded Knee.

Les artistes du groupe Maka, formé en 1971 autour de l’Académie de Mons, développent, chacun à sa manière, un art « coup de poing » exprimant violemment leur révolte contre la violence sociale. Ce langage expressionniste, alimenté par des couleurs franches et une touche tourmentée, se voulait également porteur d’un message politique de gauche ou d’extrême-gauche.