Convaincre que Dieu a choisi son camp
De l’ange annonciateur à l’ange exterminateur, en passant par l’ange consolateur et les angelots, sans compter les ailes de la Victoire ou la figure de Satan l’ange déchu, les anges sont omniprésents dans la propagande de la Première Guerre mondiale. Or, nul besoin de croire aux anges pour adhérer aux messages véhiculés par les systèmes de propagande mis en place par tous les adversaires dès le début de la guerre.
Pour la première fois, la propagande des États s’institutionnalise : elle entre officiellement dans les moyens d’action des belligérants qui créent des organes spécialisés de contrôle, de censure et de diffusion. Toutefois, en 1914-1918, aucun État n’a le monopole complet de sa propre propagande. Classiquement, on estime que la propagande de la Première Guerre mondiale complète le front militaire et le front économique. Sa fonction première est double : à la fois discours d’autolégitimation et critique de l’adversaire.
Désormais, il faut tenir jusqu’au bout, jusqu’à la victoire, pour sauver la Patrie et la Civilisation toute entière contre la Barbarie adverse. La paix dont chacun rêve ne peut être que victorieuse. En fait, c’est tout l’imaginaire de la Croisade qui est convoqué pour donner du sens à cette guerre interminable. Dans ce contexte, les anges prennent toute leur place. Ainsi, trouve-t-on d’innombrables affiches qui représentent un chevalier médiéval, saint Georges, terrassant un dragon satanique. Ces affiches peuvent aussi bien être allemandes ou autrichiennes que russes, britanniques ou françaises.