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Les anges et la Grande Guerre

Alors que la guerre se termine, l’image de l’ange continue d’être utilisée. Il devient l’ange victorieux et est conforté dans son statut d’ange consolateur et d’ange protecteur. Les zones occupées redécouvrent leur liberté et prennent conscience des événements qui se sont déroulés de l’autre côté du front. Cette fin de guerre s’accompagne de décomptes des morts et des sacrifices qui eurent lieu. Un mouvement de « plus jamais ça » s’érige et un processus mémoriel se met en place. Les artistes s’emparent de l’image de l’ange pour la réalisation de monuments commémoratifs mais aussi dans les nombreux diplômes de participation à la guerre. Ainsi, du début à la fin de la guerre, les anges ont accompli leur mission protectrice et salvatrice. 

La découverte des Anges à Mons

À la Libération de Mons en 1918 par les troupes canadiennes et le 5e Royal Irish Royal Lancers, les habitants de Mons découvrent l’histoire des Anges de Mons qui ne fait ni partie de leur mémoire collective ni de leur identité. Jusqu’à cette période, alors sous l’occupation, il n’est pas possible de savoir ce qu’il s’est passé de l’autre côté du front. Dès 1919, des soldats britanniques viennent à Mons pour commémorer la perte de leurs camarades. Ces diverses rencontres avec les soldats venus en pèlerinage permettent une curiosité et un intérêt significatifs de la part des Montois qui vont s’approprier ainsi la légende des Anges de Mons.

Une légende tenace

À l’approche des commémorations du centenaire de la bataille de Mons et dans le cadre de sa désignation comme capitale européenne de la culture en 2015, la Ville de Mons a entrepris une campagne de communication et de valorisation de son histoire militaire liée avec le Royaume-Uni. L’histoire des Anges de Mons est apparue comme l’élément le plus fédérateur permettant le plus d’interprétations culturelles possibles. Par la suite, la réintroduction du groupe des Anges de Mons dans la procession du Car d’Or et les projections monumentales de 2014 et 2018 a eu comme impact une appropriation complète de la population qui s’est accompagnée d’une utilisation de la légende via des produits dérivés.