Les apparitions durant la Première Guerre mondiale
Les apparitions divines en période de guerre
Quelle que soit la période de guerre, alors que la mort peut survenir à chaque instant, l’Homme cherche d’instinct une protection surnaturelle. Dès le Moyen-Âge chrétien jusqu’à aujourd’hui, l’invocation avant, pendant ou après le combat constitue un motif psychique universel. La Grande Guerre n’en fait pas exception et les hommes ont constamment sollicité, voir perçu ou aperçu, le secours des forces divines. En outre, qui dit guerre sainte dit guerre juste – et chacun des belligérants a tenté par tous les moyens, y compris visuels, de démontrer que le Droit et la volonté de Dieu était de son côté.
Dès le début de la guerre, la Vierge, le Christ ou des saints apparaissent aux soldats dans les moments les plus difficiles. Une production artistique digne d’une propagande de guerre voit le jour et la diffusion de ces images ancre ces soi-disant apparitions dans la culture populaire à en devenir véridiques pour certains. En Russie, ce sont des images représentant le miracle de l’apparition de la Vierge dans les bois d’Avgoustovo, en août 1914 qui sont réalisées. En France, suite à sa béatification en 1909, Jeanne d’Arc, symbole d’unité et d’incarnation de l’Union Sacrée, apparait sur le champ de bataille pour protéger les soldats français. Pour les Britanniques, c’est évidemment saint Georges qui porte l’étendard et conforte la nation sur une issue victorieuse. De toutes ces apparitions découlent des festivités et spectacles, chants, médailles et insignes, affiches et cartes postales, mobilier et objets d’artisanat divers qui sont autant d’éléments qui apportent du crédit à leur véracité.
Finalement, d’autres manifestions divines ont lieu durant la Grande Guerre et l’une d’elle sera reconnue officiellement par l’Église catholique romaine en 1930. Il s’agit des apparitions mariales de Fátima au Portugal. Une « dame vêtue de blanc » serait apparue à trois petite berger en leur demandant de : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre ». La nécessité d’y croire ne serait-elle pas la réponse aux problèmes que subit le pays à cette période, enseveli dans une crise économique et dénombrant les pertes suite à leur participation à l’effort de guerre auprès des Alliés depuis mai 1916 ?