La collection d’Archéologie
La collection s’est constituée grâce à des legs, donations ou dépôts dès la seconde moitié du 19e siècle. Le noyau en est le legs Edouard Joly (1812-1887) mais la collection s’est aussi enrichie au fil du temps par les donations de sociétés savantes actives sur le territoire et celles de particuliers. Il en résulte un ensemble composé de pièces archéologiques issues de fouilles régionales, de toutes périodes (du Paléolithique aux Temps modernes) et de tous types (ossements, céramiques, statuettes, matériel lithique...) confondus.
Parmi toutes les collections communales, certaines sont plus énigmatiques que d’autres. C’est notamment le cas de la collection archéologique.
Cette collection s’est enrichie grâce aux apports importants du Cercle archéologique de Mons, une des plus anciennes sociétés savantes de Belgique fondée en 1856 et de la Société de Recherche Préhistorique en Hainaut (SRPH) dès 1962. Mais la collection a surtout été alimentée par les nombreux legs, donations et dépôts de particuliers - professionnels ou amateurs confirmés de cette discipline. Il en est ainsi des collections préhistoriques, gallo-romaines et mérovingiennes issues des collections personnelles d’Albert Toilliez (1816-1865), Théodore Bernier (1843-1893), Adhémar Leroy (1843-1910), Jean Houzeau de Lehaie (1867-1959), César Piérard, Georges Licoppe (1900-1976), Yves Leblois et surtout Edouard Joly (1812-1887) qui constitue sa collection entre 1827 et 1852 à partir d’objets collectés sur le territoire de Renaix et les communes environnantes, couvrant les périodes celto-germanique, gallo-romaine et mérovingienne.
L’histoire de la conservation et la valorisation de cette collection mérite également de s’y attarder.
En 1912, l’ancienne porterie du couvent des Filles de Notre-Dame renommée “Petit musée” par opposition au musée des Beaux-Arts de Mons voisin – alors en construction - héberge les collections du Cercle d’Archéologie de Mons et ce jusqu’en 1930, date du Centenaire de la création de la Belgique. Pour marquer cet événement anniversaire, les autorités communales décident de transformer l’ancien Mont-de-Piété situé dans le Jardin du Mayeur (l’actuel musée du Doudou) en un complexe muséal, baptisé “musées du Centenaire” qui ouvrira ses portes finalement en 1932 en raison des retards pris dans les travaux d’aménagement. Ce nouveau musée regroupe sur plusieurs niveaux un musée d’histoire militaire (au rez-de-chaussée), de céramique (1er étage), de numismatique et d’archéologie (2e étage). Les collections archéologiques sont retirées du “Petit musée”pour être présentées selon un ordre chronologique dans les salles du 2e étage, salles qu’elles partagent avec la collection numismatique du legs Glépin.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le musée du Centenaire est fortement endommagé, entrainant la perte de pièces ou la destruction d’étiquettes au sein des vitrines. La réinstallation des objets en vitrine en 1944 semble aussi avoir été chaotique, occasionnant par la suite certaines confusions entre les pièces archéologiques. Malheureusement, dès les années 1950, faute d’un inventaire précis, il devient très difficile voire impossible d’identifier ce qui provient du legs Joly et ce qui est entré au musée par d’autres voies. Malgré un inventaire papier de la collection dressé en 1983 par la SRPH, les réorganisations successives des salles au cours des années 1980 et 1990 amoindrissent les chances de retrouver toute information historique liée à cette collection. A l’issue de la restructuration des musées vers l’an 2000 et la fermeture définitive du musée du Centenaire, la collection archéologique est mise en caisses, entreposée de nombreuse années dans différents lieux jusqu’à son déménagement à l’Artothèque en 2015. Un énorme travail est donc fourni régulièrement pour remettre l’inventaire à jour comme cela a notamment été le cas pour la préparation de l’exposition Mons au temps de Waudru consacrée à la période mérovingienne à Mons.