La collection Beaux-Arts
Les origines de la collection Beaux-Arts remontent à la Révolution française et plus précisément en 1796 lors de la création d’un Museum des arts au sein du département de Jemmapes rattaché à la jeune République française et dont Mons était la préfecture. Basés sur les idéaux scientifiques, démocratiques et pédagogiques défendus par les Lumières et les Encyclopédistes, ces muséums furent institués dans la foulée de la Révolution française pour accueillir des objets provenant de saisies opérées dans les églises et couvents fermés au culte.
Sous le régime hollandais ainsi qu’aux premières heures de la Belgique, la constitution d’une collection artistique est pratiquement au point mort. Toutes les initiatives de dons ou acquisitions sont tournées vers les sciences naturelles et la minéralogie, reflet des préoccupations des mécènes. Il faut attendre la séance du conseil communal du 28 septembre 1839 pour que soit décidée, à l’unanimité, la création d’un musée soutenu activement par la “Société pour l’encouragement du Musée” dont les montants des cotisations des membres étaient répartis entre les différentes sections que sont premièrement la minéralogie, deuxièmement la zoologie et, troisièmement, l’archéologie, la peinture, la sculpture et la numismatique. Toutefois – et comme le suggère d’emblée la clé de répartition des moyens financiers –, l’accroissement de cette dernière section est bien moins important que celui des collections scientifiques. En effet, la collection Beaux-Arts, n’est constituée, au milieu du 19e siècle, que d’une cinquantaine de toiles d’artistes montois, professeurs ou élèves de l’Académie et d’œuvres données ou acquises à l’occasion des expositions organisées par l’administration communale depuis 1841qui deviendront triennales dès 1843. Cet embryon reprend des œuvres anciennes qui constituent la base du catalogue montois actuel des tableaux du 15e au 18e siècle et qui sont entrées à l’inventaire par donation. Faute de place dans les locaux dédiés aux Beaux-Arts au sein du musée, lui-même logé dans les bâtiments de la bibliothèque publique, une Galerie de Portraits des Notabilités montoises est constituée dans l’hôtel de ville, reflet du souci de recherche identitaire propre au milieu du 19e siècle dans une Belgique naissante. Pour concrétiser cette galerie, des portraits anciens y sont accrochés ainsi que des copies commandées ‘à l’ancienne’, notamment à Nicolas Legrand (1817-1883), Clément Stiévenart (1851 –1924) ou encore Adèle Kindt (1804-1893). Une quarantaine d’œuvres sont ainsi incorporées par divers dons et legs, qui expliquent la quantité importante de portraits de figures montoises dans le catalogue actuel. L’enrichissement des collections au 19e siècle est aussi lié à des dépôts du Gouvernement belge, témoins de la volonté d’écrire une histoire des arts belges. Toutefois, le catalogue doit beaucoup aux dons constants de professeurs et d’élèves de l’Académie de Mons.
Pour la collection Beaux-Arts, la fin du 19e siècle signifie la fin des errances et la création certaine d’un véritable musée des Beaux-Arts grâce au mécène Henry Glépin. Le ‘musée des arts’ est inauguré en 1913 et présente 200 œuvres reprises dans le premier catalogue du musée des Beaux-Arts et d’Antiquités de la Ville de Mons rédigé par le conservateur Émile Hublard (1915).
Par la suite, la collection permanente continue de s’enrichir des achats réalisés par les autorités communales aux expositions, galeries d’art, ainsi que des legs ou des dons, grâce au subside de “l’Association pour l’enrichissement du patrimoine artistique et folklorique belge” au cours du dernier tiers du 20e siècle. Les dépôts de l’État belge et de la Province du Hainaut se poursuivent aussi.
De nos jours, le Pôle muséal de la Ville de Mons, avec le soutien des autorités communales, poursuit plus que jamais cette politique d'enrichissement de la collection Beaux-Arts.
Retrouvez ici notre politique d’enrichissement des collections communales.